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L’institut de Veille Sanitaire (InVS) conseille aux aquariophiles
de porter des gants et de prendre leurs précautions
pour éviter d’attraper une infection bactérienne,
le granulome des aquariums ou tuberculose des poissons.
Une enquête nationale auprès des Centres Hospitaliers
Universitaires (CHU), publiée dans un bulletin épidémiologique
hebdomadaire de novembre 2003, a révélé
63 cas entre 1996 et 1998. Tous ont été soignés avec
des antibiotiques et la moitié ont été opérés. Il n’y a pas
de traitement standard et la maladie guérit normalement.
La contamination par Mycobacterium marinum
provoque l’apparition de petits granules, rougeâtres ou
violacés mais indolores, sur la peau, en général sur les
mains ou les avant-bras. La plupart du temps, la guérison
est spontanée. Les papules peuvent aussi persister.
Quelquefois, ils peuvent s’ulcérer et devenir douloureux.
Dans de rares cas, l’infection gagne les tendons, les articulations
et même des os.
La tuberculose du poisson, mycobactériose, est une
maladie du dépérissement bien connue en aquariophilie.
Le poisson malade perd son appétit, il maigrit,
devient émacié et apathique. Il perd ses couleurs. Souvent
les nageoires sont nécrosées. De petits granules
noirs, de la taille d’une tête d’épingle, apparaissent sur
la peau, qui peut avoir des ulcères et saigner. Les yeux
peuvent devenir globuleux. Certains individus meurent,
surtout chez des espèces plus sensibles. D’autres au
contraire sont à peine affectés et peuvent devenir des
porteurs sains. Les poissons rouges en sont facilement
atteints. Les colisas sont connus pour en être infestés
très fréquemment, avec ulcérations et souvent décès. La
maladie affecte de même les vivipares comme le guppy,
le xipho, le platy ou encore le molly.
Mycobacterium marinum est une bactérie opportuniste
qui se trouve dans de nombreux milieux aquatiques.
Autrefois, elle était même connue pour infecter les piscines,
mais les traitements de l’eau l’en ont fait disparaître.
Elle se transmet facilement d’un poisson à l’autre.
Cependant les germes sont communiqués aussi par
les objets ou les aliments déjà contaminés, par le cannibalisme
– il faut enlever les individus morts – ou simplement
par l’eau de l’aquarium. C’est une bactérie résistante,
qui persiste très longtemps chez les poissons
touchés comme dans le milieu. Tout animal malade doit
être isolé, voire sacrifié, à moins de faire appel au vétérinaire
pour des sujets de valeur. Comme il est difficile
de s’en défaire, on recommande de mettre l’aquarium
à sec et de le désinfecter soigneusement, les mycobactéries
étant particulièrement résistantes aux antiseptiques
et désinfectants. Attention aussi à la qualité sanitaire
des nouveaux poissons – s’il y en a un visiblement
malade dans un bac chez le marchand, les autres ont
toute chance d’être contaminés !
Les précautions sanitaires doivent concerner aussi l’aquariophile.
Porter des gants, éviter le contact physique
avec l’eau et les objets mouillés,
soigner les petites plaies de la
peau qui servent d’entrée aux
bactéries… quelques règles d’hygiène
et de propreté face un
risque de zoonose – maladie animale
transmise à un homme - souvent
négligé. Principe élémentaire:
la santé de l’aquariophile
passe avant celle des poissons !